Rapport de Millésime 2019 par Claude Vialade

1- La Récolte 2019, en Occitanie, et plus particulièrement sur le Languedoc-Roussillon.

Etat d’avancement / la maturité :

Nous sommes sur un millésime un peu tardif, la vendange commencera 1 semaine plus tard qu’en 2018, et 2 semaines plus tard qu’en 2017.

La charge globale (raisins) est régulière, plutôt dans la normalité.

Climat et état sanitaire :

L’état sanitaire est correct et plutôt bon. Les raisins sont sains. La sècheresse est une donnée récurrente qui s’inscrit dans le paysage viticole. Il n’a pas plu depuis le printemps, les volumes vont donc être affectés par le manque d’eau.

Hérault : quelques explications sur le phénomène d’échaudage des parcelles. La régulation de la température des souches, en rapport avec la température extérieure, se fait par grâce à l’évaporation des feuilles de la vigne, ce phénomène connu entraine de la fraicheur. A cause du manque d’eau, l’évaporation ne s’est pas faite, et la vigne « a brulé » sur souche. Le phénomène qui a été reprit par la presse de manière spectaculaire. Il a été amplifié chez quelques vignerons - imprudents - qui ont effectués, à tort, les traitements le matin. Les conseils étaient d’effectuer les traitements en soirée afin de profiter de la baisse des températures de la nuit et de laisser poser les produits avant la chaleur du matin. La plaine héraultaise (goutte à goutte) a une récolte correcte. Le vignoble de coteaux souffre de sècheresse, les Crus du Languedoc : Pic St Loup, Terrasses du Larzac…sont directement concernés.

Aude : bel état sanitaire, quelques orages ont fait du bien et ont modifiés les données de production dans le bon sens.

Gard : la vendange est saine. Episode caniculaire intense et souffrance hydrique.

Roussillon : grappes saines, quelques pluies ont sauvées la situation. Maturité retardée de 1 semaine par rapport à 2018, y compris pour les muscats. La cueillette actuelle est plus du ressort de la communication estivale que le reflet de la maturité.

Le style des Vins :

Belle qualité de la vendange, les jus vont être performants. Les degrés alcooliques s’annoncent élevés, l’acidité totale basse.

  • Des vins rouges concentrés
  • Des blancs à ramasser tôt, on va faire le focus sur la nécessaire fraicheur, et mettre en place, les protocoles pour retrouver de la fraîcheur, vendange en vert ou geste d’acidification.
  • Rosé : millésime de bonne augure, les Rosés aiment la chaleur
  • Le Carignan, cépage emblématique n’a pas été épargné par le stress hydrique, il se montre sensible au climat extrême.

La biodiversité, un enjeu politique :

Le millésime est sous le signe d’une météo extrême, qui est réputée reproductible dans les années à venir.

La force et la permanence de la sècheresse change les données. Le prochain chantier de la profession va consister à reconsidérer très vite les décrets des appellations.

- Un encépagement revu, modernisé et adapté.

- Des méthodes de cultures appropriées et imaginatives.

- Le goutte à goutte, l’apport d’eau devient incontournable afin que s’effectue le cycle d’évaporation de la plante.

La réflexion couvre le système d’apport de cette eau venant des Montagnes des Pyrénées, de lacs de rétention, vers la viticulture de coteaux. A ce jour la plaine et les vins de cépages sont épargnés grâce à l’apport d’eau du bas Rhône-Languedoc. Nos meilleurs crus, ceux qui s’étalent sur les hauts gradins du Languedoc ne sont pas couverts par ce réseau d’apport d’eau. Ils ne resteront à la pointe de la qualité qu’avec une solution pérenne en eau. Nous sommes dans la réalité du constat écologique (1974) soulevé dans les thèses du Professeur Dumont (1904/2001). L’écologie, la biodiversité s’imposent à nous comme priorité nationale. C’est à ce prix que l’on stoppera la désertification qui touche déjà l’Andalousie, à moins de 1000 kms à peine de notre douce France.

2- A propos des vins biologiques, rappel

Dans le Monde :

5% de la viticulture mondiale les bio
80% est en Europe

26% des surfaces plantées en bio sont en Espagne
25% en Italie
16% en France

En France :

12% du vignoble français est en bio.

Bio + Reconversion 2010 -> 50 000 hectares

2018 -> 94 000 hectares

La reconversion s’accélère avec la reconnaissance de « CAB » 2017 -> 8 500 hectares

2018 -> 14 000 hectares

Dans le Grand Sud de France :

75% des bio sont produits dans le Grand Sud de France.

Occitanie 35 000 hectares
PACA 20 000 hectares
Aquitaine 16 000 hectares
(Autres régions Alsace : 15% Jura : 15% Corse : 11% Rhône-Alpes : 10%)

Les évolutions à connaitre dans le secteur « bio »

- La formation des Hommes s’accélère, les méthodes de vinification s’adaptent rapidement, et on performe sur les entrants autorisés en vinification notamment les levures… - Les intrants viticoles sont revus périodiquement au niveau européen. - Le matériel végétal (jeunes plants…) fait l’objet du prochain décret de 2021.

A votre disposition pour plus d’information, bonne fin d’été et belle rentrée à tous !